Politiques publiques et approches socio-économiques de la pile à combustible

Animateure d’axe : Fabienne Picard, MCF

Lever les verrous scientifiques et technologiques autour de la PAC est une condition nécessaire mais non suffisante au déploiement industriel de cette technologie. En effet, la littérature sur les systèmes d’innovation technologique montre clairement qu’il s’agit là d’un système complexe dont l’émergence et la diffusion, au sens schumpétérien du terme, ne peut se faire si elle ne s’accompagne pas de changements fondamentaux dans les conditions économiques, institutionnelles et plus largement socioculturelles qui l’entourent. L’évolution vers un système énergétique durable est un processus complexe qui ne peut se penser que dans une vision systémique ouverte dans laquelle les dimensions économiques, organisationnelles, institutionnelles, sociétales…s’imbriquent.

C’est la vocation de cet axe de recherche que d’analyser l’imbrication entre les caractéristiques technologiques, institutionnelles et socio-économiques des systèmes d’innovation sociotechniques que sont les PAC.

Problématique

La littérature contemporaine regroupe sous le vocable de « transition durable » l’ensemble des problématiques relatives à l’émergence de nouveaux systèmes sociotechniques, ou systèmes d’innovations, respectueux de l’environnement et attentifs aux conditions d’exploitation et d’utilisation des ressources, notamment énergétiques, ainsi qu’aux conditions de production et d’usages des produits. Ces systèmes d’innovation se caractérisent par l’apparition non seulement de nouvelles technologies, mais aussi de nouveaux acteurs, de nouvelles institutions, de nouveaux marchés, de nouvelles pratiques…

Plusieurs domaines d’activités sont directement concernés par cette évolution systémique, qu’il s’agisse de la biodiversité agricole et de la sécurité alimentaire, de la gestion de l’eau et des déchets ou du développement urbain et de la construction. Mais ce sont probablement les secteurs de l’énergie et des transports qui sont au cœur d’une transition durable portée par un système énergétique décarboné et plus efficient. La pile à combustible s’affirme comme une des technologies de l’énergie susceptibles de favoriser cette transition vers une économie durable. Or, cette technologie, qui n’est pas totalement nouvelle, peine à trouver une forme de déploiement industriel significative.

Questions de recherche

1) La transition énergétique est un processus de temps long (40 –50 ans) et la situation contemporaine conduit à réinterroger le passé. Quels enseignements tirer d’une analyse comparative du système sociotechnique PAC de l’après seconde guerre mondiale et du système actuel ? Les blocages sont-ils davantage structurels ou conjoncturels ? Quelles sont les ruptures nécessaires à la diffusion de cette technologie ? Quels rôles jouent les différentes parties prenantes (pouvoirs publics, chercheurs, industriels, usagers…) de ce système ? Comment l’acteur public peut-il, ou non, faire bouger les frontières ? Comment le système d’innovation sociotechnique PAC est-il encastré institutionnellement ? Comment cet encastrement s’est-il construit historiquement ? Comment évolue-t-il ?

 2)  Comment l’acceptation de cette technologie se construit-elle socialement ? Si on considère que l’acceptation sociétale de la technologie est pour partie liée aux représentations que construisent et diffusent les acteurs, comment ces représentations influencent-elles les processus d’émergence et d’acceptation de cette technologie ? Quels rôles les pratiques et les expérimentations exercent-elles sur l’évolution de ces représentations ?

Le laboratoire RECITS – Recherches sur le Changement Industriel, Technologique et Sociétal, regroupe quinze chercheurs (PU, MCF) et seize doctorants dans les disciplines suivantes : histoire, philosophie, sociologie, sciences de gestion et sciences économiques. Sa posture épistémologique, en cohérence avec son positionnement institutionnel au sein d’une Université de Technologie, le conduit à postuler la technologie comme une science humaine, et à penser de façon systémique les changements institutionnels, organisationnels, industriels, technologiques et sociétaux et leurs impacts territoriaux.

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